Categories
Belgique Centenaire Histoire JOC

De la Jeunesse Syndicaliste à la JOC

Bonne année 2024, une année qui va être particulièrement riche en anniversaires jocistes, à commencer par le centenaire du nom “Jeunesse Ouvrière Chrétienne” ou JOC.

Cardijn a toujours insisté sur le fait que la JOC a réellement commencé avec les premiers cercles d’étude de jeunes ouvrières qu’il a lancés dans la paroisse de Notre-Dame à Laeken en 1912.

La date acceptée pour la “fondation” de la JOC est cependant généralement fixée à 1925, année du premier congrès national de la JOC belge, suite à l’approbation enthousiaste et au soutien du mouvement par le Pape Pie XI en mars de cette année-là.

Cependant, l’histoire retient également que c’est en 1924 que le mouvement, initialement connu sous le nom de Jeunesse Syndicaliste, change formellement de nom pour devenir Jeunesse Ouvrière Chrétienne, donnant naissance aux initiales emblématiques “JOC”, ou “Young Christian Workers” (YCW) comme on l’a appelé en anglais.

Ce changement a eu lieu en mars-avril 1924, comme l’atteste le changement de nom du magazine du mouvement, qui est passé de “Jeunesse Syndicaliste”, comme il était connu de 1919 à mars 1924, à “Jeunesse Ouvrière” en avril 1924 (images ci-dessus).

Il va sans dire que rien de tout cela ne s’est produit dans le vide, mais plutôt au milieu des nombreuses tensions et des conflits avec l’Église et le mouvement syndical qui ont marqué la naissance de la JOC. Marguerite Fiévez et Jacques Meert y font référence dans leur biographie de Cardijn :

A partir du mois d’avril, la jeunesse syndicale adopte un nouveau titre. En s’appelant Jeunesse Ouvrière Chrétienne, ils voulaient éviter l’impression d’être uniquement préoccupés par les questions syndicales ; ils voulaient faire une distinction claire – sans idée de séparation ou d’opposition entre leur propre mouvement et ceux d’autres milieux sociaux.

Néanmoins, même si le choix n’était pas entièrement volontaire, il avait l’avantage de libérer les mouvements de certains de ces conflits, mais pas de tous.

S’il est vrai que Cardijn rêvait d’un mouvement international dès le départ, il n’aurait sûrement jamais pu imaginer en 1924 que la JOC existerait encore dans 70 pays ou plus un siècle plus tard !

Stefan Gigacz

Première édition du journal de la JOC après le changement du nom